La revue des questions de mémoire

TÉMOIGNER
ENTRE HISTOIRE et MÉMOIRE
Alors que les mémoires des violences politiques sont une des grandes questions de notre culture, que la recherche en sciences humaines et sociales aussi bien que les arts y sont de plus en plus attentifs, il n’existait jusqu’alors pas de revue qui se fasse l’écho d’un tel mouvement.
La revue de la Fondation Auschwitz de Bruxelles se donne pour tâche de revisiter à la fois le passé et le présent de notre modernité et d’un siècle durant lequel se sont accomplis des massacres de masse - du génocide à la purification ethnique - dans lesquels la responsabilité des états est impliquée directement ou indirectement. Témoigner entre Histoire et mémoire ouvre ainsi une réflexion sur la problématique générale des violences et de leur mémoire. Accompagnant cette réflexion, elle propose une relecture critique de la façon dont ces questions ont été abordées et traitées jusque-là. Un nouvel éclairage de notre histoire contemporaine.
Ainsi, Témoigner entre Histoire et mémoire prend non seulement position dans ce champ mémoriel qui à l’évidence se constitue, s’affirme et s’institue depuis une vingtaine d’années, mais elle y ouvre un espace critique face aux amollissements, aux complaisances ou aux abus dont peuvent souffrir les questions mémorielles.
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La revue est trimestrielle. Ses numéros sont composés d’un dossier thématique privilégiant les approches scientifiques, ainsi que de varias, rubriques « controverses » et de nombreux comptes rendus & notes de lecture. L’interrogation sur le témoignage et sur la transmission des expériences et des savoirs y est constante. De même, une constante attention est portée aux questions de représentation qui, aujourd’hui, conditionnent la circulation des informations, de l’actualité et des connaissances. Une place importante est accordée à l’iconographie.
No. 100 juillet-septembre (sortie septembre 2008) dossier : Questions de « bourreaux ».
Aujourd’hui, les bourreaux montent plus souvent sur l’échafaud pour y être exécutés que pour y travailler.
Le sens moderne de « bourreau » couvre un ensemble d’individus qui, des planificateurs aux exécuteurs, en passant par les nombreux intermédiaires, commettent des crimes collectifs marquant notre histoire. Les articles que rassemble ce dossier interrogent les bourreaux par leur légende, leur vie privée, leur Journal, leur institution et l’organisation qu’ils ont voulu mettre en place à l’intérieur des lieux où ils sévissent.
No. 101 octobre-décembre 2008 (sortie décembre 2008) dossier : Quelle pedagogie, pour quelle(s) mémoire(s) ?
Comment mettre à profit nos expériences aussi diverses que polyphoniques pour repenser aujourd’hui de façon novatrice l’ « éducation à la mémoire » ? La pédagogie est investie de la tâche de transmettre ce savoir particulier sur les violences extrêmes que l’on nomme désormais mémoire, terme générique et pourtant combien plurivoque. En vertu de quoi, elle se trouve régulièrement sommée d’apporter des réponses aux attentes qui traversent les sociétés modernes. Il s’agit notamment de satisfaire à la reconnaissance de mémoires qui ont depuis peu émergé et par lesquelles des communautés et des groupes sociaux cherchent à se faire identifier. Ce dossier porte l’interrogation sur la pédagogie de la complexité historique au regard de la pluralité des sensibilités communautaires et nationales. Il aborde la question de l’influence de l’actualité mémorielle et de la place qu’y tient la Shoah. De nombreux aspects méthodologiques y sont également abordés.
Le No. 102 (sortie en avril 2009) dossier : crimes & criminels politiques dans la littérature, les arts, le cinéma, le théâtre
Les arts et la littérature ont toujours réservé une place importante aux crimes et aux grandes violences (martyres, massacres et champs de bataille), cette inclination n’a pas diminué aujourd’hui. Le théâtre a déjà, dans les années 1960, dénoncé les crimes des nazis et de leur complices à travers la mise en scène des criminels eux-mêmes (L’Instruction de Peter Weiss, Le Vicaire de Rolf Hochhut). Mais le nazisme n’est pas le seul centre d’intérêt. Comme tout despote, Franco a eu son lot d’hagiographes et l’ambiguïté de personnages de la Phalange se retrouve jusque récemment dans des romans mémoriels espagnols. à propos du Rwanda, commencent à paraître des récits qui s’attachent aux génocidaires. Sur les Khmers rouges, quelques films et bandes dessinées ont été réalisés. Ce dossier explore les différentes formes de présence des criminels politiques dans la littérature, le cinéma, le théâtre et les arts plastiques en Europe, en Afrique et en Asie. Il s’intéresse aussi à leur représentation médiatique, notamment en Argentine et en Afrique du sud, posant la question : le bourreau est-il vraiment un témoin ?
Le No. 103 (sortie en juin 2009) dossier : nouveaux débats & les nouveaux enjeux de la représentation des génocides à l’écran.
Le No. 104 (sortie en septembre 2009) dossier : L’antifascisme revisité. Histoire - Idéologie - Mémoire.
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